« Je leur dois la chance d’être en vie »

Les dons financiers et les legs adressés au CMH sont les garants de la philosophie de service d’utilité publique de l’ASBL Centre Médical Héliporté. Le mieux placé pour évoquer le bénéfice du soutien apporté par des donateurs est un patient. Comme Jean-François Dehan qui résume son histoire en quelques mots : « Je leur dois la chance d’être en vie ». Témoignage.

Jean-François Dehan n’a aucun souvenir de l’accident de circulation dont il a été victime le 31 décembre 2012 à Tinlot (Liège). Une chose est certaine : l’équipe du Centre Médical Héliporté de Bra-sur-Lienne lui a littéralement sauvé la vie.

Trois ans plus tard, ce Namurois d’origine tire le meilleur parti possible de cette seconde chance d’être en vie. Avec une profonde reconnaissance à l’égard de ses sauveteurs. L’infirmier Olivier Pirotte se souvient encore, comme d’hier, de l’intervention pour laquelle le CMH est réquisitionné par le 112 : « A notre arrivée, 10 minutes après l’appel, les circonstances de l’accident sont troubles. Un motard, seul en cause, en sortie de route, étendu inconscient et face contre terre à 15 mètres de son véhicule. Il a perdu le contrôle de sa moto dans un virage. Pas de choc apparent avec un autre véhicule. Probablement plusieurs tonneaux. Un miracle s’il est en vie. »

Dès le premier examen, médecin et infirmier dressent un bilan assez lourd. Le pronostic vital est engagé. La prise en charge sur le terrain par l’équipe médicale afin de stabiliser le patient pour le transporter vers l’hôpital a marqué les esprits : « J’ai le souvenir d’une intervention très difficile. Les chances de survie pour le patient étaient très minimes. C’était déjà une chance d’être arrivé aussi vite pour le secourir » rapporte l’infirmier au CMH. Jean-François Dehan a été transporté par hélicoptère au Centre Hospitalier Régional de la Citadelle (Liège).

Neuf minutes de transport !

Un sérieux gain de temps par rapport à un transport par la route. La grande force d’un hélicoptère, c’est sa rapidité. Un facteur de rapidité qui se mesure lors du déplacement de l’équipe médicale vers le patient sur le lieu d’intervention. Il se vérifie aussi lorsque la médicalisation du patient nécessite de gagner du temps pour le transporter vers l’hôpital le plus adapté. Dans le cas présent, le patient est arrivé en salle d’urgence une heure après l’appel du 112 : « Devant telle situation, chaque minute compte. Pour Jean-François Dehan, nous avions la conviction que chaque minute gagnée aurait un impact sur les séquelles de son accident. L’hélicoptère nous a permis de gagner beaucoup de temps » ponctue l’équipe médicale du CMH de Bra-sur-Lienne.

A l’hôpital, l’examen clinique confirme les hypothèses de terrain. Le motocycliste est dans le coma : « C’est à mon réveil, quelques semaines après l’accident, que je découvre mon sort. C’est le trou noir. Juste un bilan conséquent. » En synthèse : de multiples micro-hémorragies au cerveau, des fractures aux membres inférieurs, des ligaments déchirés et des contusions multiples aux bras et aux pieds. S’en suit une longue période de soins intensifs, d’opérations chirurgicales et de multiples séances de rééducation : « Plus de deux ans à fréquenter des services spécialisés dont un centre de réadaptation pour personnes cérébrolésées. J’en suis sorti avec le souvenir d’avoir eu énormément de chances, en comparaison d’autres patients victimes d’accidents moins importants. »

Trois ans après sa dramatique embardée, Jean-François Dehan n’a qu’une idée en tête, celle de rencontrer l’équipe du CMH de Bra-sur-Lienne : « Je dois la vie aux membres de cette équipe. Je leur dois les chances qu’ils m’offrent chaque jour d’être sur pieds. »

De motivations et de convictions, Jean-François Dehan n’en manque pas. A 24 ans, il a dû ré-écrire son parcours professionnel. Sa convalescence lui a donné matière à réfléchir sur l’aide à offrir à d’autres patients cérébrolésés dans leur combat quotidien pour retrouver une vie sociale décente. Il a une une pensée régulière, reconnaissante, pour le team du Centre Médical Héliporté : « Je n’avais jamais entendu parler du CMH auparavant. Je savais encore moins que ce service existe grâce au soutien de la population. »

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