Je m’accroche aux chances offertes par l’équipe du CMH

C’est un sourire de reconnaissance profonde qu’offre aujourd’hui Eléonore Wirtz à l’équipe du CMH qui lui a porté secours le mercredi 11 mai 2016. Victime d’un grave accident de la route à Lignières (Marche-en-Famenne), elle a bénéficié d’un transport par hélicoptère et d’une prise en charge médicale où rapidité et professionnalisme ont fait la différence. Témoignages et leçons pour demain.

Près de 15 mois se sont écoulés depuis l’accident de roulage dont Eleonore Wirtz a été victime. Mais pour cette jeune patiente de 17 ans, c’est un besoin humain de retrouver et de rencontrer les personnes qui l’ont secourue le jour où sa vie était sur le point de basculer : « La voiture dans laquelle je me trouve assise à l’arrière a percuté une camionnette de pleine face. Je suis dans un état critique. Les douleurs sont bien présentes. Les gens sont en panique et les secours arrivent. » Plus de 30 minutes après l’arrivée des premiers secours, l’hélicoptère du CMH de Bra-sur-Lienne est réquisitionné en renfort. Ce jour-là, c’est l’infirmier Nicolas Farcy et le Dr Didier Moens, coordinateur médical du CMH, qui sont en mission. Ce dernier témoigne  : « L’intervention d’Eleonore est une histoire qui nous a beaucoup marqué car les premiers examens menés sur place nous ont immédiatement alarmés« .

L’heure est grave. Près de 50 minutes se sont déjà écoulées depuis l’accident. La patiente, instable, a malheureusement déjà été intubée et placée dans un coma artificiel, lorsque le Dr Didier Moens engage ses premiers gestes de prise en charge : « Assez rapidement, nous avons pratiqué une échographie. L’échographie est un moyen technique qui, intégré à notre examen clinique, va permettre d’accélérer la prise en charge thérapeutique du patient. Dans le cas d’Eléonore, l’échographie a fait toute la différence : elle nous a permis d’établir un diagnostic vital précis. On a pris contact avec un chirurgien au CHU de Liège pour qu’il ouvre une salle d’opération et qu’il se tienne prêt à nous accueillir. »

La première chance d’Eléonore est déjà le timing de déplacement réel, très rapide de l’hélico sur le lieu de l’intervention (9 minutes). La 2ème chance, celle de compter sur une équipe médicale dont l’expérience sur ce type de mission est de haut niveau. La 3ème chance, le matériel médical de pointe mis à sa disposition. Ce que confirme le Dr Didier Moens : « Dans ce type de cas, les protocoles que notre équipe a mis en place avec l’hôpital, couplés à l’utilisation de l’échographie sur le terrain, nous permettent d’évaluer le patient avant de le transporter, de le stabiliser en plein vol, de passer outre les examens des urgences et de le conduire immédiatement au bloc opératoire. »

10 minutes de vol entre Lignières et le CHU de Liège

C’est sans doute la chaine de toutes ces chances qui a sauvé la vie d’Eléonore : « Je me suis réveillée un mois plus tard au CHU de Liège. J’ai dû subir plusieurs opérations chirurgicales au niveau abdominal mais aussi orthopédique. J’avais plusieurs fractures au niveau du dos, de l’humérus et des côtes. J’ai perdu un rein, plus de la moitié du foie mais aussi une diminution de sensibilité et de mobilité de la main et du pied. J’ai passé plusieurs mois en hospitalisation, puis en rééducation. Les journées sont longues, mentalement mais aussi physiquement, rythmées par la kinésithérapie, l’ergothérapie, la logopédie, la neuropsychologie. » L’objectif, sans aucun doute est de repartir, de remettre la machine sur les rails et d’atteindre progressivement de nouveaux objectifs.

« Je m’accroche à la chance que l’on m’a donnée pour vivre à fond ! » déclare Eléonore, souvent perçue par d’autres patients comme une fille dynamique et souriante malgré tout ce qui s’est passé. Et d’enchainer : « Souvent j’ai glissé de la pente mais il faut remonter, il faut prouver qu’on est plus fort que cette douleur, que la tristesse. Y croire encore et encore. Il y a des jours noirs, je ne le cache pas mais il y aussi les jours de soleil. » A l’entendre raconter son histoire, le coeur de chacun tremble car on peut imaginer l’épreuve difficile traversée par Eléonore et par tous ses proches.

Eléonore, qui envisage de commencer des études dans le domaine médical, conclut son témoignage avec des mots qui ne peuvent laisser personne indifférent : « Quoi qu’il en soit, ne perdez pas votre courage, ni votre volonté et vivez ! » avant de remercier de tout coeur l’équipe du CMH qui lui a sauvé la vie, par son travail, sa passion et ses performances.