Le rôle déterminant d’un habitant de Bois-et-Borsu pour l’hélico du CMH

A Bois-et-Borsu, la fête de Noël est empreinte d’une histoire peu commune. Une belle histoire, aux allures de miracle, digne scénario d’un film qui se termine bien avec, en toile de fond, des ambulanciers, une équipe médicale, un transfert à l’hôpital par hélicoptère. Et l’heureux rétablissement d’un patient victime d’un malaise cardiaque. Un autre dénouement dans ce film bien réel est l’équipement en balisage automatique d’un terrain au sein même de ce petit village de la commune de Clavier (Liège).

Cette nouvelle installation pour accueillir l’hélicoptère médicalisé du CMH lors d’une mission de nuit au coeur de Bois-et-Borsu est le fruit des démarches et de la détermination d’un homme, Alain Mathieu. Quelques jours après un évènement qui touche un membre de sa famille, il prend conscience de l’importance du service de secours héliporté du CMH, particulièrement dans une région éloignée des hôpitaux, où un patient fragilisé peut devoir attendre de longues minutes avant de bénéficier de la prise en charge d’un service médical d’urgence et de l’assistance d’une médecin spécialisé. Il doit surtout faire le constat que si l’hélicoptère du CMH avait dû intervenir une heure plus tard, à la tombée de la nuit, son beau-frère n’aurait sans doute pas eu la vie sauve.

NI UNE NI DEUX MINUTES A PERDRE

L’histoire commence au terme d’un repas de famille, le 25 décembre 2017, en fin d’après-midi. Pris d’un malaise, avec arrêt cardiorespiratoire, Daniel France s’écroule à la vue de ses proches. Ni une ni deux, Alain Mathieu, met en pratique les bons gestes qu’il a pu acquérir lors d’une formation en premiers secours donnée par la Croix-Rouge : un appel au 112 doublé d’un massage cardiaque dans l’attente de l’arrivée des secours, comme il en témoigne : « On n’est jamais réellement préparé à vivre un tel évènement mais j’ai mis en application ce que j’avais appris sans perdre de temps. J’ai été suivi par les deux médecins du village, les Dr Pierre Rousseaux et Emile Docquier que nous avons appelé avant l’arrivée de secours. Les minutes de massage paraissent interminables. Sans parler de l’arrivée inattendue de l’hélicoptère du CMH qui a marqué mon soulagement et mon espérance. La suite c’est un travail méthodique, professionnel et acharné de l’équipe du CMH pour faire revenir à la vie mon beau-frère et l’amener rapidement à la Citadelle pour effectuer une intervention salvatrice. »

UN TRAVAIL QUI PORTE SES FRUITS

Un très long travail de prise en charge auprès du patient, comme le confirme le Dr Cédric De Graeve, médecin du Centre Médical Héliporté : « C’est un miracle qu’il s’en sorte si bien, sans séquelle neurologique après une aussi longue réanimation sur place. C’est absolument incroyable et merveilleux. Avec l’infirmier de garde David Duvivier, c’est vrai qu’on s’est un peu obstinés, malgré l’absence de signes encourageant en cours de réanimation. On a fait le maximum et le travail a porté ses fruits. »

UNE EQUIPE ET UNE CHAINE DE SECOURS

Cette vie sauvée après ce qui s’est révélé être un infarctus aigu du myocarde est aussi l’aboutissement d’une chaine de secours dans laquelle l’hélicoptère prend une place prépondérante : « Il faut reconnaître  que sans l’hélico, nous ne serions pas arrivés si vite et nous n’aurions pas pu transporter Daniel France aussi rapidement vers un hôpital pour bénéficier au plus vite d’une coronarographie permettant de déboucher une artère coronaire principale complètement occluse. Sans la compétence du pilote, on n’aurait pas gagné cette course contre la montre… » témoigne le Dr De Graeve. A l’utilité du service de secours par hélicoptère, il convient d’ajouter la dimension humaine, le travail de l’équipe médicale, certes mais aussi les ambulanciers, le service des urgences et des soins intensifs ainsi que le service cardiologie du CHR La Citadelle.

L’ESSENCE DU MASSAGE CARDIAQUE

Sans parler des premiers soins apportés par Alain Mathieu, comme le souligne le Dr De Graeve : « Mr Mathieu a joué un rôle déterminant dans cette mission : il a été très réactif en effectuant un massage cardiaque immédiatement de manière efficace et ininterrompue. C’est un détail qui nous a probablement incité à prolonger la réanimation plus que de raison. Il a appeler les secours sans attendre. Dès notre arrivée, il nous a laissé travailler dans le calme lorsque nous avons pris le relai. Sans ce massage cardiaque externe, le patient n’aurait pas pu s’en sortir ou aurait rencontré de graves séquelles, sans aucun doute ! »

Nul doute également que Daniel France saisit les chances d’avoir pu bénéficié d’une prise en charge salvatrice. Nul doute encore que les habitants de Bois-et-Borsu perçoivent les chances d’un service de secours par hélicoptère qui peut atterrir, et les rejoindre en cas d’urgence, de jour comme de nuit en quelques minutes.